Alexandra Lamy se fend d’un premier film en garde haute

Télévision La comédienne, qui passe derrière la caméra pour la première fois, raconte, sur un scénario de Solen Roy-Pagenault, la reconstruction, grâce à l’escrime, de femmes battues.

Publié le
Mercredi 21 Septembre 2022
Touchées parle d’une renaissance, celle de Tamara (Chloé Jouannet, à gauche) et de Nicole (Claudia Tagbo, au centre). © François Lefebvre/TF1
Touchées parle d’une renaissance, celle de Tamara (Chloé Jouannet, à gauche) et de Nicole (Claudia Tagbo, au centre). © François Lefebvre/TF1
Touchées, TF1, 21 h 10

Quand le corps subit un traumatisme, il se recroqueville. Longtemps. Quand une femme subit une agression sexuelle ou des violences conjugales, elle reste repliée sur elle-même, le corps et l’esprit aux aguets, en alerte permanente. Comment, ainsi, retrouver confiance en soi et dans les autres ? Comment reprendre possession de sa vie ? C’est tout l’enjeu de ce téléfilm de TF1, le premier réalisé par Alexandra Lamy et écrit par Solen Roy-Pagenault, la créatrice de la série de France 2 Candice Renoir, à partir de la bande dessinée éponyme de Quentin Zuttion.

Le destin de trois femmes

Touchées parle de renaissance. Le film suit le destin de trois femmes, Lucie (Mélanie Doutey), Nicole ( Claudia Tagbo, époustouflante) et Tamara (Chloé Jouannet, la fille d’Alexandra Lamy). Ces trois femmes ont eu à subir dans leur chair des violences de la part d’un mari, d’un frère, de proches. Elles ont été trahies de la pire des façons par quelqu’un de familier.

Un atelier pour reprendre confiance

On suit l’histoire à travers le regard de Lucie, qui essaie d’échapper au père de son fils, homme violent et harceleur. Une psychologue (Andréa Bescond), spécialiste des violences conjugales, la persuade de participer à un atelier pour reprendre confiance en elle. Elle croit en la vertu du sport, particulièrement dans l’escrime, avec Olivier Serwar, maître d’armes, qui interprète là son propre rôle : dans la vraie vie, il travaille avec l’association Stop aux violences sexuelles.

Une colère rentrée ou pas maîtrisée

Avec d’autres femmes, aux histoires différentes des leurs, Lucie, Tamara et Nicole vont reprendre possession de leur corps, en acceptant de taper l’autre, sans lui faire mal, en mettant de la distance entre leur adversaire et elles grâce au fleuret, mais aussi grâce aux techniques propres à l’escrime. Elles se retrouvent, avec méfiance d’abord, dans un collectif avec des femmes qui ont le même vécu qu’elles, donc les mêmes réflexes : le repli sur soi, la colère rentrée ou, comme Tamara, pas maîtrisée.

Des talents, un rire, une force de vie

Au fil des séances, des liens de solidarité vont se créer. Nicole, d’abord, va aider Lucie à cuisiner, à gérer son quotidien avec son petit garçon, quand son mari violent va ressurgir. Tamara, ensuite, va se joindre à elles, avec toute la souffrance qu’elle porte. Le film bascule alors : ces trois femmes, comme toutes celles qui subissent le même sort, dans le téléfilm comme dans la vie, ne sont pas simplement des victimes. Elles ont aussi des talents, des projets endormis, un rire, une force de vie.

Une ode à l’amitié et un appel à la justice

La grande qualité du film d’Alexandra Lamy est de montrer, sans pathos, sans scènes lacrymales, que la sororité et la solidarité peuvent aider à se reconstruire. Ce n’est guère étonnant, pour sa première réalisation, qu’Alexandra Lamy ait choisi ce thème. Elle est, de longue date, engagée auprès de la Maison des femmes, une association féministe. Le film est une ode à l’amitié et aussi un appel à la justice : ces femmes ne peuvent pas trouver la paix tant qu’elles se sentiront menacées par leur agresseur. À voir pour la belle humanité que dégage Touchées.

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