L’énergie, un bien commun

Publié le
Mercredi 7 Septembre 2022

La crise énergétique est là et ses effets se font déjà sentir pour des millions de Françaises et de Français confrontés à la hausse des prix de l’essence, du gaz, de l’électricité et du fioul. Des travailleurs et travailleuses en arrivent même à envisager de quitter leur emploi, faute de pouvoir payer le gazole, devenu trop cher pour se rendre au travail quand on gagne à peine plus que le Smic.

Si de nombreux éléments conjoncturels expliquent l’explosion des prix de l’énergie, tels que la guerre en Ukraine, les faibles stocks de gaz, les travaux de maintenance sur les gazoducs du nord de l’Europe, l’arrêt de la moitié de nos centrales nucléaires en France ou encore l’été caniculaire en Espagne et la surconsommation des climatiseurs, la vérité est ailleurs.

C’est la dérégulation et la libéralisation du secteur de l’énergie qui nous conduisent à la catastrophe. Le marché européen de l’énergie, qui indexe le prix de l’électricité sur celui du gaz, ne fonctionne pas. Si le gouvernement français a pu parer à l’urgence avec le bouclier tarifaire, les effets de ce dernier ne se feront pas sentir sur la durée. Non seulement il a coûté 24 milliards d’euros au total, dont 8 milliards à EDF, mais les traders continuent de spéculer, les grandes sociétés énergétiques d’engranger des bénéfices record, et les prix devraient repartir à la hausse cet hiver…

La sobriété prônée par le gouvernement pour éviter pénuries et black-out, même si elle est nécessaire, révèle en réalité une volonté de ne pas changer le système. Pourtant, il est urgent d’agir !

Il faut en finir avec le marché européen de l’énergie et appuyer nos voisins espagnols et portugais qui ont obtenu une dérogation de la Commission européenne. Il faut en finir avec ce racket organisé de l’Arenh (accès régulé à l’électricité nucléaire historique), qui subventionne les acteurs alternatifs qui ne produisent rien mais accumulent les profits.

Il est devenu vital de recréer un service public de l’énergie organisé en monopole public, capable de développer un mix énergétique qui mêle le nucléaire, l’hydraulique, l’éolien et le solaire pour réussir la transition écologique, d’acquérir une souveraineté énergétique, et de sortir 12 millions de nos concitoyens de la précarité énergétique. L’énergie est un bien commun, prenons-en soin !

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