Violences sexistes : le débat agite (enfin) LR

Droite Bruno Retailleau, candidat à la présidence des « Républicains », veut une cellule dédiée aux VSS. Ses concurrents Aurélien Pradié et Éric Ciotti sont contre.

Publié le
Vendredi 23 Septembre 2022
BAPTISTE ROMAN / AFP

La droite LR se délecte de voir la gauche empêtrée dans ses contradictions, à la suite de l’affaire Adrien Quatennens. C’est oublier un peu vite le retard des « Républicains » en matière de lutte contre les violences sexuelles et sexistes (VSS). Les forces de gauche ont des instances internes imparfaites, mais au moins elles en ont. Chez LR, rien jusqu’ici. Le candidat à la présidence du parti Bruno Retailleau a mis le sujet sur la table, mardi 20 septembre, en se disant favorable à la création d’une cellule dédiée aux VSS au sein du parti. « Il y a une nécessité d’exemplarité, il faut prendre en charge cette question et être implacable », a défendu le sénateur de Vendée, tout en ironisant sur l’embarras à la France insoumise : « Il s’avère que certains donneurs de leçons sont aussi des donneurs de claques. » Son principal rival, le député Éric Ciotti, est tout aussi enclin à cogner sur la gauche. Moins à mettre en place une cellule de traitement des VSS au sein de LR. Lui, renvoie la question à la justice, pointant le risque d’une instrumentalisation de la cellule dans « un monde politique où la calomnie, la dénonciation et la compétition doivent appeler à la vigilance ». Le troisième homme de la course à la tête du parti, Aurélien Pradié, ne veut pas non plus de cellule d’écoute, qu’il qualifie de «  tas de bidules organisés par l’extrême gauche » : « C’est à la justice de faire le ménage. »

Pourtant, les affaires ne manquent pas...

À l’heure actuelle, une militante LR agressée n’a donc aucune instance à qui se confier au sein de sa formation politique. Pourtant, les affaires ne manquent pas. Outre la condamnation de l’ex-secrétaire d’État Georges Tron pour viol, les accusations ayant ciblé l’actuel ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, relèvent de faits présumés ayant eu lieu quand il était encore encarté chez LR, en 2009 et 2015. Idem dans le cas de l’ex-ministre des Solidarités Damien Abad, ancien des « Républicains ». L’une des quatre femmes qui l’accusent de viol par soumission chimique était, au moment des faits en 2013, membre des Jeunes populaires, mouvement de jeunesse de l’UMP (futur LR). Sur le cas Abad, l’ancien patron de LR, Christian Jacob, a déclaré n’avoir jamais reçu aucun signalement sur le comportement de l’élu, mais « eu vent de rumeurs en 2017 » et avoir eu une conversation avec l’intéressé, qui a nié en bloc. L’action du parti s’est arrêtée là – et de toute façon aucune instance ou procédure n’est prévue. Par ailleurs, aucune procédure d’exclusion de LR n’a été engagée, à ce jour, contre l’ex-secrétaire d’État Georges Tron, condamné en cassation pour viol en 2021.

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