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Aurélie Trouvé « Un nouveau calcul des pensions injuste et inégalitaire »

Jeudi, 5 Décembre, 2019

 Porte-parole d’Attac

Tout le projet de réforme en cours vise in fine à baisser les pensions et à reculer l’âge de départ à la retraite. C’est mathématique, car, à partir du moment où le gouvernement d’Édouard Philippe entend fixer à 14 % du produit intérieur brut (PIB) le budget alloué aux retraites, et que le nombre de retraités augmente, cela revient soit à baisser le montant des pensions, soit à réduire le nombre de retraités en repoussant l’âge de départ, ou les deux.

Le changement du mode de calcul du montant des pensions va se révéler également plus injuste et inégalitaire, car il va être mesuré sur l’ensemble de la vie professionnelle, et non plus sur les meilleures années. Les femmes, qui sont particulièrement touchées par les emplois à temps partiel et qui connaissent davantage d’interruptions de carrière que les hommes, vont être les premières victimes. En outre, seuls ceux qui ont les revenus les plus élevés pourront compenser la baisse des pensions par des systèmes par capitalisation. Bref, notre système par répartition va être profondément attaqué et affaibli.

Quant aux contre-propositions, je voudrais mettre en avant en premier lieu une mesure technique. Il faudrait compenser toutes les exonérations de cotisations qui ont été faites au fur et à mesure des années, mais aussi les étendre aux revenus financiers. Cela renverserait la tendance actuelle, qui consiste à concentrer une part de plus en plus importante de la richesse créée dans les revenus du capital, afin de financer notre régime des retraites de manière juste, et pas au rabais.

Le financement des retraites bénéficierait aussi d’une politique de l’emploi forte. Il y a un vrai besoin de recruter dans la fonction publique par exemple, dans les hôpitaux, mais aussi dans la fonction publique territoriale. Avec Attac, nous avons également calculé qu’investir fortement dans la transition énergétique permettrait de créer un million d’emplois. Si on ajoute à cela une revalorisation du salaire minimum, cela entraînerait une remontée mécanique des cotisations, et donc un financement des retraites pérenne. Tout cela relève simplement d’une volonté politique. Sauf qu’aujourd’hui, au pouvoir, il n’y a aucune envie de s’en prendre aux revenus financiers, ni de s’attaquer frontalement à la transition écologique. Alors on s’en prend aux retraites. 

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