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Julien Bayou « Cette réforme est un signal de sécession qui risque de disloquer notre démocratie »

Jeudi, 5 Décembre, 2019

Secrétaire national d’EELV
 

Nous voulons défendre notre protection sociale, notre système par répartition et la solidarité intergénérationnelle, héritage du Conseil national de la Résistance et l’un des fondements de notre pacte social. Bien sûr, il faut adapter notre système de retraite. Mais, depuis ma première fiche de paie, toutes les réformes vont dans le même sens : rogner les protections et encourager les individus, notamment les plus riches, à se désolidariser. Le message envoyé, c’est qu’il vaut mieux capitaliser parce que les retraites ne tiendront pas. C’est un signal de sécession qui risque de disloquer notre démocratie. La manière de procéder est aussi brutale et violente. Les avocats aussi bien que les ouvriers, les artisans, les salariés, les cadres… doivent pouvoir savoir à quelle sauce ils vont être mangés. Si on parle de points, quelle en sera la valeur ? Comment sera-t-elle fixée ? Pour les études de ses enfants, pour investir dans un logement, pour choisir ses loisirs, son avenir professionnel, on doit savoir quel est l’horizon. Ne pas être en mesure de dire où on emmène le pays, c’est être véritablement insensible à la réalité concrète des gens et mettre le pays sous tension. De même, les questions de pénibilité et de justice sociale ne sont absolument pas prises en compte. Enfin, une réforme à taux de chômage constant en particulier des seniors, comme c’est le cas avec celle du gouvernement, est vouée à l’échec, cela n’a aucun sens.

Il faut résolument s’y attaquer, avec un plan massif d’emploi, ce qui passe notamment par le Green New Deal et la réduction du temps de travail. Pour toutes ces raisons, nous serons dans la rue jeudi et le 11 au meeting des retraites à Saint-Denis pour affirmer qu’on peut faire autrement. Les cotisations doivent être conservées et on peut même élargir les pistes de financement. Quand on a bâti les retraites, les CDI avec des carrières longues prévalaient, aujourd’hui, c’est tout à fait différent et il est plus que temps de mettre à contribution le capital, via les stock-options, la taxe sur les transactions financières ou celle sur la robotisation. C’est sur ce terrain que nous voulons avancer. 

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